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collection / BMPT et Abstractions des années 1950

Daniel Buren, Olivier Mosset, Michel Parmentier, Niele Toroni
Manifestation 1
3 janvier 1967

Daniel Buren, Olivier Mosset, Michel Parmentier et Niele Toroni dont les réflexions artistiques sont proches, s’associent en décembre 1966 pour une série de manifestations jusqu’en novembre 1967.
Chacun des artistes répète alors un même motif qui lui est propre : Daniel Buren repeint en blanc les deux bandes blanches situées à chaque extrémité du tissu rayé de bandes verticales blanches et colorées de 8,7 cm de large, Olivier Mosset inscrit un cercle noir au centre de la toile, Michel Parmentier réalise à la bombe des bandes horizontales colorées obtenues par pliage alternées de 38 cm de large et Niele Toroni dispose en quinconces tous les trente centimètres des coups de pinceau numéro cinquante.
Une lettre cosignée par les quatre artistes est envoyée aux critiques, revues, directeurs de musée et de galerie,  le 25 décembre 1966 pour annoncer l’événement.  Lors du vernissage du 18e Salon de la Jeune Peinture, le 3 janvier 1967, dans les salles du Musée d’Art moderne de la Ville de Paris, chacun peint entre 11h et 20h une série de toiles, chaque toile accrochée remplaçant la précédente. Un haut-parleur diffuse en boucle en français, anglais et espagnol « Buren, Mosset, Parmentier, Toroni vous conseillent de devenir intelligents » et des tracts expliquant pourquoi ils ne sont pas peintres sont distribués. L’ensemble constitue la première manifestation du groupe. A 20h15, se déroule la deuxième manifestation au cours de laquelle ils décrochent les toiles et déplient un calicot qui reste présent durant tout le salon sur lequel est inscrit « Buren, Mosset, Parmentier, Toroni n’exposent pas. »
La troisième manifestation eut lieu au Musée des Arts Décoratifs le 2 juin 1967, et une quatrième à nouveau au Musée d’Art moderne de la Ville de Paris lors de la Ve Biennale de Paris, de septembre à novembre 1967. En décembre 1967, lors de la cinquième manifestation, chaque artiste réalise le motif d’un autre ; mais Parmentier n’y participe pas, mettant fin à leur collaboration.
Ces manifestations remettent en cause la représentation, la manière de peindre, la notion d’auteur, d’inspiration, ainsi que le rôle institutionnel des Salons. Plus largement, elles proposent une réflexion sur la notion de groupe et le développement d’une dimension spectaculaire dans la création d’avant-garde.
Une des toiles réalisées par Daniel Buren ainsi qu’une autre de Niele Toroni ont été acquises par le Musée en 1989. Celles d’Olivier Mosset (de 2 x 2 mètres), détruites ou appartenant à des collections particulières, sont représentées ici par une toile similaire de 1969.  La toile de Michel  Parmentier est récemment entrée dans les collections du Musée grâce à la générosité de la fondation Clarence-Westbury. La bande-son a disparu, mais une série de photographies réalisée par Bernard Boyer garde la trace de cette  journée du 3 janvier 1967.

Abstractions des années 1950
Après 1945, face aux Réalismes et à une figuration marquée par le retour à la tradition, l’abstraction devient le mode d’expression privilégié et domine la scène artistique.
Parmi les différentes tendances, la seconde Ecole de Paris née pendant la guerre des expositions des « jeunes peintres de la tradition française » rassemble autour de Bissière et Manessier les peintres Charles Lapicque, Jean Le Moal et Maria Vieira Da Silva.
Tous ces artistes représentent un équilibre harmonieux entre les formes et la couleur, une synthèse entre cubisme et fauvisme, entre figuration et abstraction. Ils s’expriment souvent en imitant l’effet du vitrail qui associe une grille héritée du cubisme aux formes colorées par la lumière. Le courant « lyrique » défendu par le critique Charles Estienne désigne une peinture libérant le geste, privilégiant l’expressivité, affirmant une spontanéité. Il s’étend à l’Europe et présente de fortes similitudes avec l’Action Painting américaine. Les peintres Hans Hartung et Wols figurent parmi les pionniers de cette abstraction. Bernard Saby, à l’instar d’Henri Michaux et de Brion Gysin, poursuit ses expérimentations graphiques sous l’emprise de la mescaline pour se dérober au contrôle de la conscience. Frottages, griffures, taches, empreintes, traces, effets de densités, constituent un vocabulaire plastique nouveau, libéré du sens.
Quant à Pierre Wemaëre, il chemine pendant un temps aux côtés du danois Asger Jorn, fondateur du groupe CoBrA qui naît à Paris en 1948, en réaction à la querelle opposant les tenants de l’abstraction et de la figuration. Rejetant la culture rationaliste en renouant avec l’art primitif et populaire (notamment à travers la tapisserie), il recherche l’expression directe et spontanée que l’on peut qualifier d’expressionniste, et réalise une oeuvre originale en tension entre l’abstraction et la figuration.

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11 avenue du Président Wilson
75116 Paris
Tél : 01 53 67 40 00

Open Tuesday to Sunday from 10am to 6pm. Late opening on Thursdays until 10pm (exhibitions only).
Permanent collection : free access

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