Dada et surréalisme
Le mouvement Dada naît officiellement en 1916 à Zurich et se développe en Allemagne, à Paris et à New York jusqu’au début des années 1920. Il regroupe des artistes et écrivains tels que Tristan Tzara, Kurt Schwitters ou Jean Crotti. À travers différents « événements artistiques », production d’objets et publications, Dada se caractérise par un usage privilégié de techniques traditionnellement non artistiques comme le collage et l’assemblage, et par une prédilection pour les matériaux peu nobles : journaux, matériaux de rebut ou bruits dans les œuvres poétiques et sonores. Dada a l’ambition de faire tabula rasa du passé, dans un esprit provocateur, négateur mais non dénué d’humour. Cette dimension humoristique se retrouve notamment chez Marcel Duchamp, associé aux activités Dada qui se développent à New York dès 1915 et auxquelles il prend part aux côtés de Man Ray et de Francis Picabia. L’esprit subversif de Dada et de certains de ses artistes (tel Max Ernst) se prolongera dans le mouvement surréaliste dès 1924.
Le surréalisme partage avec Dada sa dimension internationale, transdisciplinaire et subversive (en ce qu’il s’affirme contre le règne de la raison et les normes de la société bourgeoise). Il trouve son origine dans la publication en 1924 à Paris de son Manifeste rédigé par l’écrivain André Breton, figure centrale du groupe qu’il dirigera jusqu’à sa mort en 1966. Le Manifeste définit le surréalisme comme un « automatisme psychique pur. […] Dictée de la pensée, en l’absence de tout contrôle exercé par la raison, en dehors de toute préoccupation esthétique ou morale ». Sans privilégier une esthétique particulière, ce principe créatif s’exprime dans différentes techniques : peinture, objet, littérature, cinéma. Deux tendances dominent en peinture, le procédé académique et illusionniste d’un côté et l’expérimentation automatique de l’autre, qui accorde un rôle primordial à la spontanéité et au hasard : le frottage procédant d’une création à l’aveugle, le collage permettant des rapprochements incongrus, l’automatisme gestuel. Les thématiques récurrentes (monde onirique, fantastique et érotisme) viennent de domaines aussi variés que la psychanalyse ou le primitivisme (celui des arts extra-occidentaux, de l’art naïf ou des aliénés mentaux), ou s’inspirent du travail précurseur de Giorgio de Chirico.
Bernard Buffet - Portrait de l'artiste
Jean Fautrier - La Juive
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