Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris

Brion GysinLe dernier musée

Le Musée d’Art Moderne de Paris présente la première rétrospective de l’œuvre de Brion Gysin dans un musée parisien. 

Né en Grande-Bretagne en 1916, Brion Gysin est un artiste protéiforme, peintre, poète, performeur, photographe et musicien souvent associé à la Beat Generation. Inventeur du Cut-up et de la Dreamachine, son œuvre se déploie à l’intersection de la peinture et de l’écriture, mobilisant une gamme sans cesse renouvelée de langages plastiques. Passionné d’altérité et arpenteur des marges, Brion Gysin sillonne le monde et fréquente les mouvements alternatifs et underground. Ses pérégrinations l’amènent à côtoyer des milieux créatifs et intellectuels des plus divers dans lesquels il a un écho souvent inattendu et jouit d’une aura quasi magique. Nourrie de ces rencontres, son incessante pulsion créatrice s’est exprimée à travers des formes telles que la poésie sonore et visuelle, le cinéma expérimental, la performance, le roman et la musique, sans oublier la peinture et la photographie.

L’exposition retrace les grandes étapes de ce parcours hors du commun qui traverse toutes les avant-gardes du XX siècle et montre, en contrepoint, les œuvres d’artistes dont il a été proche ou qu’il a inspirés : William Burroughs, Françoise Janicot et Bernard Heidsieck, John Giorno, Keith Haring, Patti Smith, Ramuntcho Matta...
Elle témoigne également des liens très forts qui unissent Brion Gysin à Paris où il a vécu une grande partie de sa vie. Il y séjourne dans les années 1930 lorsqu’il est étudiant à la Sorbonne. Au tournant des années 1960, il fréquente les milieux surréalistes, au fameux Beat Hotel (9, rue Gît-le-Cœur, Paris 6 ème). À partir du milieu des années 1970 jusqu’à son décès en 1986, il s’installe dans un appartement situé face au Centre Pompidou. Peu avant sa mort, il fait de la Ville de Paris son légataire universel.

L’exposition, constituée de plus 140 œuvres de l’artiste, est bâtie sur la collection Gysin du Musée d’Art Moderne de Paris, d’une richesse unique au monde, que viennent compléter des prêts exceptionnels issus de collections publiques et privées, en France et à l’étranger. 

L’exposition

L’exposition propose un cheminement à travers les grandes étapes du parcours créatif de cet artiste inclassable. Elle s’ouvre sur un choix d’œuvres illustrant son intérêt pour le rêve, le surréalisme et les effets des drogues sur l’esprit. L’exposition se poursuit en montrant l’impact qu’ont eu sur lui les principaux lieux de ses voyages à travers le monde. Elle aborde ensuite les différentes facettes de son processus créatif : le Cut-up et les permutations ; le dessin, l’écriture et la calligraphie ; l’aventure de la Dreamachine ; les différentes formes du jeu et de la performance ; ses incursions dans les territoires de la magie et l’effet proprement ensorcelant qu’il a eu sur ses contemporains ; enfin l’utilisation de la photographie comme signe de son rapport à la réalité et du photomontage comme révélateur de sa présence au monde.

L’exposition met en lumière toutes les dimensions et potentialités du Cut-up, une technique que Brion Gysin découvre à l’automne 1959, au Beat Hotel à Paris. Cette technique est une reviviscence dadaïste consistant à couper dans un texte et à réarranger les morceaux de façon aléatoire. L’exposition permet également de saisir la place centrale qu’occupe, dans l’œuvre et l’imaginaire de l’artiste, la Dreamachine, cylindre rotatif pourvu de fentes et d'une ampoule en son centre. La rotation du cylindre fait que la lumière émise par l'ampoule traverse les fentes à une fréquence particulière ayant la propriété de plonger le cerveau dans un état de détente et de procurer des visions à l'utilisateur, lorsque celui-ci regarde la Dreamachine les yeux fermés, à travers ses paupières.

Tout au long du parcours, l’accent est mis sur la dimension multimédia de sa production artistique et sur le dialogue qu’il n’a eu de cesse d’entretenir avec des œuvres d’autres artistes, antérieurs ou contemporains (Victor Hugo, Henri Michaux, René Laubiès, Mohamed Hamri...)

Le catalogue

Édité par Paris Musées, le catalogue est le premier ouvrage de référence en français sur l’œuvre de l’artiste. Il comprend une introduction des commissaires, quatre essais (James Horton, Barry Miles, Olivier Quintyn, Brice Matthieussent) prolongeant les thématiques abordées dans l’exposition, un entretien avec le musicien Marc Hurtado, un facsimilé du journal de voyage de Gysin à Alamut, et un large ensemble de reproductions d’œuvres qui retracent le parcours de l’exposition