Paul Armand Gette, né à Lyon en 1927, s’intéresse dès son enfance aux sciences de la nature et en particulier aux dimensions poétiques et métaphoriques que celles-ci peuvent induire. Il pose un regard attentif aussi bien sur la nature, qu’il étudie avec minutie, que sur les êtres humains.

Ce n’est qu’au début des années 1960 qu’il décide de se consacrer complètement à des recherches artistiques. Il produit un ensemble d’oeuvres témoignant de ses réflexions autour de la symétrie, du miroir, du reflet et des proportions. Avec les Reliefs, les Morphogrammes, les Totems et leurs empreintes, créés à partir de caractères d’imprimerie, il nous incite à voir le monde à travers le regard distancé d’Alice au Pays des Merveilles. Ses mises en perspective des Cristaux, comme son film Crystals de 1971, nous rapprochent de l’univers de la Beat Generation, et en particulier des poètes Brion Gysin, William S. Burroughs et Bernard Heidsieck.

Au centre de l’exposition se trouve l’oeuvre photographique La plageété 1973, appartenant au Musée d’Art moderne et véritable charnière dans la création de l’artiste. Elle marque, au début des années 70, le passage d’une fiction virtuelle, celle d’Alice décrite par Lewis Carroll, à la réalité plus concrète d’une petite fille se promenant sur une plage.

À partir des années 80, Paul Armand Gette se consacre davantage aux limites de la perception de notre corps. Son travail gravite alors essentiellement autour de l'intime, du corps féminin, de sa représentation et de son rapport à l'artiste. Il photographie celles qui voudront l’être et instaure le principe de la liberté totale du modèle qui culmine au « Toucher du modèle ». La figure féminine reste pour l’artiste un idéal souvent évoqué par des allusions aux divinités de l’Antiquité.

Au cours du vernissage, Paul Armand Gette orchestrera une célébration « L’Apothéose des fraises », sorte de culte moderne voué à la déesse Aphrodite.
Un livre d’artiste sera édité spécifiquement pour l’exposition (tirage limité, Editions Manuella).

 

Commissaire : Julia Garimorth