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LA FÉE ÉLECTRICITÉ

/ RAOUL DUFY /

1937
Huile sur contreplaqué, 250 panneaux de 200 x 120 cm
10 x 60 m

@ADAGP, Paris 2010 / @kleinefenn


Comme Léger, Delaunay et beaucoup d’autres artistes, Dufy reçut pour l’exposition de 1937 la commande de décorations monumentales, notamment celle du mur concave du hall du Palais de la Lumière et de l’Electricité, édifié par Mallet Stevens sur le Champs-de-Mars. Il se plie au programme du commanditaire, la Compagnie parisienne de Distribution d’Electricité, pour raconter La Fée Electricité à partir du Rerum natura de Lucrèce. Dans cette composition de 10 mètres sur 60, se déploie de droite à gauche, sur deux registres principaux, l’histoire de l’électricité et de ses applications, depuis les premières observations jusqu’aux réalisations techniques les plus modernes. Dans la partie supérieure se déploie un paysage changeant où, sont disséminés les thèmes favoris du peintre : voiliers, nuées d’oiseaux, batteuse, bal du 14 juillet. Le long du registre inférieur sont disposés les portraits de 110 savants et inventeurs ayant contribué au développement de l’électricité.
Mêlant la mythologie et les allégories à l’exactitude historique et à la description technologique, Dufy joue sur l’opposition des contraires. Au centre les dieux de l’Olympe et les générateurs de la centrale électrique reliés par la foudre de Zeus ; la nature primordiale et les architectures ; les travaux et les jours et les machines modernes. Formellement aussi, les registres de couleurs chaudes s’opposent aux froides, avec les dominantes chromatiques nettement différenciées selon les zones. Ce double cheminement narratif se résout en apothéose, avec l’envol d’Iris messagère des dieux, fille d’Electra qui vole dans la lumière, au dessus d’un orchestre et des capitales du Monde diffusant toutes les teintes du prisme.

La méthode utilisée par Dufy permit une grande rapidité d’exécution (10 mois depuis la conception à la réalisation) grâce à un médium mis au point par le chimiste Jacques Maroger qui permettait de retirer aux pigments leur opacité et de retrouver «  les secrets perdus de la peinture à l’huile des anciens, leurs couleurs brillantes, ductiles, transparentes ». En réalité, ce fa presto dissimule un grand travail à partir d’études préparatoires sur des modèles peints nus puis en costumes, de dessins reportés au calque pour trouver la disposition des groupes puis projetés grandeur nature sur les panneaux à l’aide d’une lanterne magique.
Donnée par l’Electricité de France, cette décoration monumentale fut installée au musée en 1964.

La Fée Electricité Raoul Dufy

/ AUDIOGUIDE

1/ Un tableau qui se marche 
2/ Une sonate chromatique
3/ L'électricité remonte le temps
4/ Dominique Gagneux, conservateur 

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La Fée Électricité - @ADAGP, Paris 2010 / @kleinefenn La Fée Électricité - @ADAGP, Paris 2010 / @kleinefenn