Cet ensemble de vingt toiles, réalisées entre 1966 et 1977 a été présenté pour la première fois au musée lors de l’exposition « Passions privées ». Depuis son entrée dans les collections, il constitue désormais, selon le vœu même de l’artiste, un ensemble indissociable.

Les installations de Daniel Buren suivent un protocole précis. Alors qu’à l’origine, elles étaient présentées sur deux murs se faisant face, les toiles ont été rassemblées en 2006, à l’occasion d’un nouvel accrochage dans les collections permanentes.

De formats et de couleurs différents, les dimensions rythmiques et ornementales de cet ensemble sont contrariées par une mise en place rigoureuse.

« Totalement dépendant des lieux pour lesquels ils ont  été conçus, disait Daniel Buren dans « Au sujet de… » (1998), [mes] travaux renversent en effet l'autonomie traditionnelle et présumée de l’œuvre… Une autonomie (ou croyance en l'autonomie, ce qui n'est pas tout fait pareil) qui marque toujours lourdement l’histoire de l’art occidental et qui est la clef de voûte de l’idéologie de l’art. » Chaque toile engage à nouveau la confrontation avec leur réalité singulière, affirme la logique d’un même discours que Daniel Buren a développé à de très nombreuses reprises tout au long de sa carrière.